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5 expositions à ne pas manquer en avril

by La Rédaction


En avril, des rives d’Abidjan aux salles du quai Branly, des murs londoniens de l’October Gallery aux espaces barcelonais de la OOA Gallery, les expositions que nous avons sélectionnées invitent au questionnement. Entre mémoire coloniale, spiritualité ancestrale, économie de l’attention et souveraineté du style, les formes varient, les médiums aussi. Mais tous partagent le désir de nommer qui l’on est, et d’imaginer, par l’art, ce que l’on pourrait encore devenir.

« Babi, la cité des dIEUX » de Pascal Konan à la galerie Houkami Guyzagn

Après « Côte d’Ivoire Zo » (2024), exposition collective plongeant dans les multiples dimensions de la vie contemporaine ivoirienne, Pascal Konan revient avec une nouvelle proposition. Babi, la cité des dIEUX présentée à l’occasion de l’Abidjan Art Week, convoque Abidjan non comme un décor, mais comme un théâtre incandescent où s’inventent de nouvelles figures de pouvoir.

Les dieux, ici, sont influenceurs. Icônes de l’image, souverains éphémères d’une économie de l’attention qui recompose silencieusement les hiérarchies. A travers ces dieux d’un nouveau monde connecté et fragmenté, Pascal Konan, donne à voir une ville où l’identité se joue dans la visibilité. Un espace où le sacré s’est déplacé vers l’image : immédiate, instable, brûlante.

Diplômé de l’École nationale des Beaux-Arts d’Abidjan, Pascal Konan est une figure établie de la scène artistique ivoirienne, dont le travail place obstinément l’humain au centre. Ses œuvres sont exposées aussi bien en Europe qu’en Afrique.

 Babi, la cité des dIEUX , du 2 au 25 avril à la Galerie Houkami Guyzagn, Abidjan

« Inner Gardens » : JOMAD et Tiffany Alfonseca à la OOA Gallery

Qu’arrive-t-il lorsque deux peintres figuratives, venues de deux rives de la diaspora, font dialoguer leurs mondes ? Inner Gardens, présentée à la OOA Gallery du 25 avril au 31 mai, apporte une réponse visuelle et émotionnelle saisissante. JOMAD, artiste martiniquaise formée à Paris VIII, et Tiffany Alfonseca, dominicano-américaine diplômée de la School of Visual Arts de New York, partagent ici un espace d’une rare cohérence. Celui de la figure humaine habitée, enracinée dans des paysages intérieurs aussi denses que des mémoires vives.

Chez JOMAD, la toile est un territoire. Ses figures puissantes et introspectives émergent de compositions florales saturées qui n’ont rien de décoratif. Ce sont des terrains psychologiques où l’identité, la résilience et la mémoire s’inscrivent dans le rythme des couleurs et la structure des formes. Formée à l’architecture et au design, elle construit ses tableaux comme on bâtit des espaces. Et ses céramiques, présentes dans l’exposition, prolongent ce dialogue.

Face à elle, Tiffany Alfonseca déploie une peinture de l’intime et du politique mêlés. Ses portraits aux surfaces texturées et aux palettes audacieuses célèbrent la complexité des communautés noires et afro-latines. Leurs joies tranquilles, leur profondeur émotionnelle et leur force souveraine. Figure et décor y deviennent indissociables, comme si chaque tableau était une pièce où l’on vit, où l’on respire, où l’on se reconnaît.

Jomad Symbolic, 2026. © Jomad / OOA Gallery

« Inner Gardens » du 25 avril au 31 mai à la OOA Gallery, Barcelone

« Hériter de l’avenir » : les œuvres de Masombuka, Kamuanga, Peskine et Dramé exposées à la October Gallery

A Londres, October Gallery présente du 16 avril au 16 mai une exposition collective aussi exigeante visuellement que politiquement. Zana Masombuka, Eddy Kamuanga Ilunga, Alexis Peskine et Djibril Dramé partagent, à travers divers médiums, une interrogation commune : qu’hérite-t-on, et de quoi sommes-nous, à notre tour, les dépositaires ?

Les peintures d’Eddy Kamuanga prennent pour matière l’héritage de l’exploitation coloniale belge en République démocratique du Congo de 1885 à 1960, soit sept décennies d’une brutalité méthodique. Sur des fonds gris, volontairement vides de toute référence historique, il déploie des scènes colorées et énigmatiques. Les circuits imprimés qui strient la peau de ses personnages renvoient à l’extraction minière industrielle d’aujourd’hui, aux minerais congolais logés dans chaque téléphone portable.

Alexis Peskine travaille sur une autre blessure, celle du déplacement et de la diaspora. Ses portraits à grande échelle commencent par une photographie, avant de se muer en œuvres sculpturales. Des visages restitués par le martelage minutieux de clous sur bois teinté, , dont les surfaces stratifiées évoquent les Minkisi, ces figures de pouvoir spirituellement chargées du bassin du Congo.

En contrepoint, Zana Masombuka puise dans l’héritage Ndebele et la guidance ancestrale pour naviguer entre monde physique et spirituel, tandis que Djibril Dramé suit depuis 2010 la fraternité soufie Baye Fall au Sénégal. Ses portraits au Hasselblad, denses et lumineux, célèbrent la beauté intérieure d’une communauté que le monde regarde rarement.

Du 16 avril au 16 mai 2026 ; October Gallery, Londres

Crédits photo: Eddy Kamuanga /October Gallery

« Africa Fashion » au Musée du quai Branly-Jacques Chirac

Après Londres, New York, Portland, Chicago, Melbourne et Montréal, la voilà à Paris. Africa Fashion, exposition conçue par le Victoria and Albert Museum de Londres, pose ses valises au Musée du quai Branly-Jacques Chirac pour un dialogue inédit entre création contemporaine africaine et collections historiques du musée parisien.

Le parcours célèbre l’essor fulgurant d’une scène portée par une nouvelle génération de créateurs à la fois audacieux, ancrés et internationale. Loin des clichés exotisants, leurs créations affirment une vision du monde, entre héritages assumé et innovation stylistique. La mode africaine y est présentée pour ce qu’elle est. A la fois un art à part entière, qui se définit lui-même, refuse les étiquettes et reflète la diversité culturelle du continent.

Pour accompagner ce dialogue entre passé et présent, le musée parisien met en lumière sa collection de textiles, accessoires et bijoux, enrichie d’une sélection de photographies issues de ses archives.

Crédits photo: Imane Ayissi/Musée du quai Branly

« Africa Fashion » du 31 mars au 12 juillet 2026 Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris


Abidjan Art Week : l’art investit la capitale ivoirienne

Du 7 au 11 avril 2026, Abidjan redevient l’épicentre de l’art contemporain africain. Pour sa troisième édition, l’Abidjan Art Week investit galeries, fondations et musées de la capitale ivoirienne. Au programme, une semaine de créations, d’expositions et de rencontres sous la direction du professeur et critique d’art Yacouba Konaté.

Parmi les lieux du programme, La Rotonde des Arts accueille une exposition des artistes du centre d’art contemporain Les Ateliers Sahm, venu de Brazzaville. À noter également que Babi, la cité des dIEUX de Pascal Konan, présentée à la galerie Houkami Guyzagn, s’inscrit dans le cadre de cette édition 2026.

Abidjan Art Week du 07 au 11 avril 2026 dans plusieurs lieux.

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