Lady Dior Art : Carte blanche d’exception à Patrick Eugène, Lakwena et d’autres artistes

by Raph Kanyimba


Pour ses dix ans, Dior Lady Art, a réuni dix artistes internationaux pour une célébration entre haute couture et art contemporain. Parmi ces personnalités le peintre haïtien Patrick Eugène et l’artiste londonienne d’origine britannique et ougandaise, Lakwena.

Depuis 2016, une même invitation. Inviter les artistes les plus en vogue à réinterpréter l’iconique sac Lady Dior, né il y a près de trente ans. Chacun y va de son audace, offrant une pluralité de regards et de dialogues. Un héritage qui remonte à Christian Dior lui-même, galeriste dans les années 1930, qui travaillait aux côtés de Picasso, Matisse et Dalí.


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Cette année, pour marquer les dix années de métamorphoses artistiques, la maison parisienne invite dix créateurs à repousser les frontières de l’imaginaire. Disponibles dans une sélection de boutique à travers le monde, ces éditions limitées transforment le Lady Dior en véritable archive de possibilités culturelles. Parmi les créateurs, Patrick Eugène et Lakwena, dont les créations incarnent respectivement la richesse des héritages diasporiques et la force subversive du message pop.

Patrick Eugène : Les perles d’Haïti subliment le Lady Dior

Né à New York de parents haïtiens, Patrick Eugène fait rayonner dans sa pratique artistique les interconnexions entre culture africaine, caribéenne et nord-américaine. Reconnu pour ses portraits à grande échelle, l’artiste explore les liaisons invisibles entre les êtres humains. Ses teintes vibrantes et la fluidité de trait qui se déploie suscitent l’émotion par la couleur et le mouvement.

Pour Dior Lady Art, Patrick Eugène signe trois compositions. Chacune d’elle raconte un récit à travers lequel se déploie un dialogue inédit entre ses origines, l’art, la mode et l’histoire de la maison Dior. «Je m’inspire du passé, tant personnel qu’ancestral, de la résilience des Haïtiens, et de la façon dont la culture est préservée et réinterprétée à travers les générations », a déclaré l’artiste dans un communiqué.

Au cœur de sa démarche, la perle, en hommage à Haïti, surnommée « la perle des Antilles ». Symbole traditionnel de pureté et de raffinement, elle se charge ici d’une signification plus profonde, évoquant la force et l’endurance des peuples caribéens. « Je voulais prendre ce symbole et l’infuser avec un sens plus profond. Un symbole qui parle de force, d’endurance et d’héritage. Les femmes dans mes tableaux portent des perles comme des emblèmes tranquilles de grâce et de survie » explique-t-il.

Associées au cuir, au raphia et au bambou, ces perles se déploient en patchworks graphiques réalisés grâce à plusieurs techniques de tissage et de broderie. Ode à la pluralité des savoir-faire, chaque sac se distingue par des détails singuliers : deux d’entre eux présentent un fermoir réinventé, tandis qu’un troisième arbore une forme simplifiée.

Lakwena : Pop art et messages d’espoir

De son côté, l’artiste Lakwena apporte au Lady Dior une dimension résolument pop et subversive. Née à Londres, mêlant ses héritages ougandais et britannique, la créatrice de 39 ans transforme couleurs acidulées et phrases-manifestes en œuvres porteuses d’espoir. Reconnue pour ses fresques murales monumentale, Lakwena transpose ici son vocabulaire visuel sur un format intime, créant un contraste saisissant entre l’échelle de ses interventions publiques et la préciosité d’un objet de luxe.

Lakwena a conçu trois réinterprétations du Lady Dior. Ses designs font écho à l’une de ses séries picturales récentes, « I’m in Your Hands », exploration poétique des notions de protection, de confiance et d’interconnexion. Chaque création s’habille d’un patchwork de plusieurs couches de cuir et de finitions métallisées, argentées ou dorées, à l’aspect infiniment précieux.

Sur leur surface, s’esquissent les messages « Love Me », « Hold Me » ou « Carry Me », apposés en relief et complétés de paroles de chansons et d’aplats de couleurs chatoyantes. Une manière pour Lakwena de transformer le geste quotidien de porter un sac en déclaration audacieuse, presque revendicative.

Depuis dix ans, Dior Lady Art s’impose comme un laboratoire créatif unique. Aux côtés de Patrick Eugène et Lakwena figurent huit autres voix artistiques internationales : Jessica Cannon, Eva Jospin, Ju Ting, Lee Ufan, Sophia Loeb, Inès Longevial, Marc Quinn et Alymamah Rashed.

Au gré de détournements surprenants, le Lady Dior se mue en symbole d’inventivité, où chaque création exprime un récit différent, toujours captivant.

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