De l’exposition monographique de l’artiste Otobong Nkanga à l’hommage rendu au photographe Seydou Keïta, voici notre sélection des expositions à voir absolument à Paris et ailleurs.
Le mois d’octobre affiche une sélection riche d’expositions à explorer, tant par les thématiques abordées que par la singularité des artistes qui les portent. Si cette fin d’octobre est rythmée par la célébration des dix ans de la foire parisienne AKAA, Africa Lisapo vous propose de découvrir d’autres rendez-vous incontournables.
I dreamt of you in colours d’Otobong Nkanga
Otobong Nkanga est l’une des figures majeures de l’art contemporain africain. Plus tôt cette année, en février, elle recevait le prix d’honneur Zeitz MOCAA 2025 pour l’excellence artistique. L’institution, autrefois portée par la regrettée Koyo Kouoh saluait une personne exceptionnelle qui a forgé une impression indélébile sur le paysage artistique contemporain en Afrique et dans la diaspora.
L’exposition au Musée d’Art moderne de Paris est une exploration de l’œuvre de Nkanga, dont le travail est traversé par les thèmes liés à l’écologie et aux relations entre le corps et le territoire. L’artiste puise dans son histoire personnelle et dans ses propres recherches pour produire des œuvres d’une grande force et d’une grande plasticité.
La notion de strates est centrale dans le travail de l’artiste, à la fois dans la matérialité de ses sculptures, interventions, performances et tapisseries, mais aussi dans sa façon de penser les relations entre les corps et les terres. Otobong Nkanga explore autant la notion de circulation des matériaux et des biens, des gens et de leurs histoires entremêlées, que celle de leur exploitation, marquées par les résidus de violences environnementales. Tout en questionnant la mémoire, elle offre la vision d’un avenir possible.
L’exposition propose une traversée de l’œuvre protéiforme d’Otobong Nkanga, depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui. Des installations emblématiques aux œuvres récentes, en passant par des séries de photographies et un grand nombre de dessins, dont certains datant des premières années de création et jamais exposés jusqu’à aujourd’hui.
Née en 1974 à Kano au Nigeria, Otobong Nkanga réside à Anvers, en Belgique.

I dreamt of you in colours d’Otobong Nkanga À voir jusqu’au 22 février 2026 au Musée d’Art moderne de Paris.
La Foire AKAA
2025 marque les dix ans de la foire de design et d’art contemporain AKAA. Une célébration qui réunira, sous les verrières du Carreau du Temple, une cinquantaine de galeries. Les œuvres de plus de 90 artistes seront exposées, dont une installation monumentale de l’artiste camerounais Serge Mouangue, représenté par la galerie tokyoïte Space Un. À travers cette installation à découvrir, l’artiste propose un langage visuel habité, empreint de lenteur, de rythme et de silence. Une vision où formes, matières et gestes deviennent vecteurs de transmission.
L’édition 2025 d’AKAA marque également l’arrivée d’un nouveau directeur artistique, Sitor Senghor, dont le travail de curation présentera deux expositions spéciales.

Foire AKAA à voir du 24 au 26 octobre 2025 au Carreau du Temple, Paris.
Cosmogrammes de Sara Ouhaddou à l’ICI
L’artiste franco-marocaine signe sa première exposition monographique à l’Institut des Cultures d’Islam (ICI). Cosmogrammes explore les savoir-faire traditionnels en dialoguant avec des artisanes et artisans à travers le monde. Une œuvre collaborative, reflet de la pratique créative de Sara Ouhaddou, qui révèle les processus de transmission entre œuvres récentes et créations inédites.
Broderies, verre, bijoux, céramiques, photographies, dessins et textes investissent tous les espaces de l’ICI dans un parcours porté par la voix de l’artiste. Sara se sert de ces médiums pour construire une sorte d’archive vivante, un espace de circulation entre pensées, gestes et mémoires.
L’exposition Cosmogrammes est également accompagnée d’une bande sonore. Pour la première fois, l’artiste plasticienne raconte son œuvre en même temps qu’elle l’expose. Une magnifique plongée au cœur d’un récit polyphonique fait de témoignages, de conversations et de fragments de mémoire.
Née en 1986 à Draguignan, Sara Ouhaddou vit et travaille entre Paris et Marrakech. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions internationales à Paris, Madrid, au Maroc et en Tunisie.

Cosmogrammes de Sara Ouhaddou À voir jusqu’au 15 février 2026 à l’Institut des Cultures d’Islam, Paris.
NOIRES de Roxane Mbanga
Artiste pluridisciplinaire d’origine guadeloupéenne, camerounaise et française, Roxane Mbanga développe NOIRES depuis 2021. Conçu comme un espace immersif, le projet reconstitue les pièces de sa maison rêvée.
À l’occasion de l’ouverture de la Maison des Mondes Africains (MansA), elle déploie son Grand Salon, pensé comme un lieu de rencontre, d’écoute et d’hospitalité. Se dévoilent des sculptures-portes inspirées des architectures traditionnelles africaines et antillaises qui ouvrent des passages entre héritages et identités. Dans une liberté assumée, chaque objet trouve sa place et compose un ensemble visuellement beau et profondément ancré. Une œuvre totale, généreuse, qui affirme qu’il n’y a rien à céder, que nous sommes entiers et à notre place.
Née en 1996, Roxane Mbanga a présenté les premiers modules de l’exposition Noires – composés du Balcon, La Rue, Le Salon et La Salle de Bain – à Londres, Amsterdam, Paris et Yaoundé.

NOIRES de Roxane Mbanga à voir jusqu’au 26 octobre 2025 à la Maison des Mondes Africains (MansA), Paris.
Seydou Keïta: A Tactile Lens à Brooklyn
Seydou Keïta : A Tactile Lens est l’exposition nord-américaine la plus vaste consacrée à l’œuvre du légendaire photographe malien à ce jour. Plus de 280 œuvres, comprenant des tirages iconiques, des portraits inédits, des textiles et des objets personnels de Keïta, constituent cette exposition. Les témoignages uniques de sa famille enrichissent le parcours et amplifient l’œuvre de Keïta.
Organisée par le Brooklyn Museum, l’exposition est un voyage dans la ville de Bamako de la fin des années 1940 au début des années 1960. Une époque de profonde transformation politique et sociale au Mali que Keïta observe et documente. Dès lors, ces photographies audacieuses commencent à circuler en Afrique de l’Ouest jusqu’à atteindre un public mondial. Keïta s’impose ainsi comme le photographe de studio par excellence de l’Afrique du XXe siècle.

Seydou Keïta : A Tactile Lens à voir jusqu’au 8 mars 2026 au Brooklyn Museum.
Raph Kayimba

